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Espérances, joies, désillusions des aspirants
semeurs
Celui qui désire entreprendre les semis ou est sur le point de le
faire ou bien à eu des expériences négatives, peut trouver dans cet
article une aide et une main amicale en mesure de lui éviter plusieurs
des erreurs habituelles que, au début, nous avons tous commises.
Ce texte est le fruit d’un patient
travail de recherche, de mes expériences et de celles de beaucoup de
passionnés. Ce ne fut pas toujours facile de concilier les convictions
et les pratiques parfois apparemment contradictoires. Chaqu’un mûrit
en fait ses expériences personnelles et travaille dans des conditions
climatiques différentes. On a l’habitude de
dire qu’il existe autant de méthodes de semis que de semeurs. Les
plantules des succulentes se sèchent si on ne les maintient humides et
pourrissent si elles sont trop mouillées, demandent un emplacement
très lumineux, mais brûlent si on les expose en plein soleil: un beau
casse-tête!
Je suis
convaincu de l’utilité de construire soi-même une
mini-serre pour
entreprendre les semis de manière méthodique, offrir aux graines un
climat adapté à leur développement et faire en sorte qu’à l’arrivée de
l’hiver les plantules aient suffisamment poussé de façon à affronter
la mauvaise saison sans trop de difficultés. Il sera cependant plus
avantageux de garder les plantules en végétation durant leur premier
hiver. Cela oblige donc à leur garder une température et un éclairage
adéquats et rend obligatoire l’emploi d’une mini-serre ou la mise en
place d’une serre dans la serre, comme je le décrirai plus loin.
LE
PERIODE
On peut réaliser les semis en n’importe
quelle saison, à condition de leur assurer l’éclairage optimum (5000
lux durant 13-14 heures), chaleur, humidité, circulation de l’air, bon
compst et fraîcheur des graines. La lumièree naturelle est la
meilleure mais dans nos latitudes elle se révèle insuffisante pour les
semis hivernaux. En considérant que les fournisseurs livrent des
graines mûries au cours de la saison précédente pendant les premiers
mois de l’année, il vaut donc mieux les utilser le plus vite possible
(sauf quelques exceptions), en semant rapidement on allonge la saison
de croissance il faut donc en conclure que la période qui va de
janvier à mars est la meilleure pour qui utilise une mini-serre de
germination, tandis que les mois d’avril et mai sont préférables pour
ceux qui utilisent la chaleur naturelle. Personnellement, quoiqu’employant
une mini-serre, je préfère semer entre la fin mars et le début d’avril;
dans ce cas, le chauffage ne fonctionne que durant les nuits fraîches
encore possibles durant cette saison.
LE SUBSTRAT
En général, un compost en majorité
minéral a l’avantage de se garder sain plus facilement, tandis qu’un
autre au taux de matière organique plus élevé (humus, terreau de
feuilles etc.) est plus facilement sujet aux pourritures et
moisissures. Ce tisque peut être évité en ajoutant au substrat un
désinfectant en poudre, du charbon de bois en poudre, utile aussi pour
abaisser le pH, qui doit être légèrement acide (6,5). La désinfection
(pasteurisation) du substrat peut être réalisée en versant sur le
terreau de l’eau bouillante, on peut aussi
utiliser un four micro-ondes (30 minutes à la puissance maximale, avec
une épaisseur de sol d’environ 10 cm). Afin d’éviter que de mauvaises
odeurs ne se répandent,
il faut introduire le substrat dans un sachet de plastique
suffisamment vaste, pour ensuite chasser l’air et le sceller. 0n peut
aussi utiliser un four traditionnel (une heure à 70-80° C), en veillant à ne pas exagérer avec la
température pour ne pas détruire les bactéries utiles. Le compost doit
être humidifié avant d’être introduit dans le four. La tourbe ne doit
pas être désinfectée. Cette action est utile pour éliminer les spores
éventuelles ou les graines présentes dans le substrat, et pour
favoriser l’ouverture des graines "difficiles". Il existe plusieurs
courants de pensée pour ou contre l’usage de cette technique. Il est
certainement utile de désinfecter les graines, le
propagateur, le plateau et les pots avec de l’eau de Javel ou
du lysoforme (une part de produit et dix
d’eau) et ensuite un lavage soigneux avec de l’eau propre.
Tous ceux qui sèment sont
d’accord pour dire que le substrat ne doit pas être trop gras, assez
perméable à l’air et à l’eau et de structure fine, mais pas trop.
Toutefois les opinions divergent quand il s’agit d’analyser la
composition réelle: certains utilisent du sable, de la perlite et du
terreau commercial (remplaçable par de la terre de jardin), à parts
égales; d’autres préfèrent la tourbe blonde (ou le terreau de feuilles)
et la perlite (ou la vermiculite) par moitiés; d’autres encore
préfèrent utiliser 80% de pumice (pierre ponce) et 20% de bon terreau
du commerce. La composition: 6 parts de tourbe,
3 parts de lapillis ou pouzzolane, 2 parts de sable siliceux, peut
être utilisée dans des cas précis comme cela est indiqué dans les
traitements spéciaux. Personnellement j’emploie, sauf cas particuliers,
10% de terreau de feuilles, 30% de terre de jardin (le tout passé au
tamis), 30% de sable non calcaire, granulométrie de 1-5 mm, 30% de
pumice (ou perlite ou lave) granulométrie 1-5 m. En surface, si cela
est possible, on peut répandre environ 1 cm de pouzzolane tamisée deux
fois pour ôter soit la poudre (maille de 1 mm) soit les parties les
plus grosses (maille de 5mm). On peut, si l’on veut, ajouter une
cuillère de farine d’os ou 5 gr de superphosphate minéral pour chaque
5 litres de compost, mais il y en a qui préfèrent ne pas ajouter de
fertilisant avant la germination. Le sable1 non calcaire
peut s’acheter chez les marchands de produits de construction, c’est
celui utilisé pour le sablage des façades; pour les autres matériaux,
s’adresser aux magasins spécialisés. Le tamisage doit se faire avec du
matériel sec.
Sur ces bases, chacun peut tenter
aussi ses propres expériences, surtout en utilisant les matériaux qu’il
peut se procurer facilement chez lui, en sachant que les plantules
devront rester en place dans le substrat de semis pour environ un an.
A titre d’information je cite
celui que conseille la société Mesa Garden (New Mexico), aux client
qui achètent ses graines. Le substrat doit avoir une structure
sableuse, contenir des micro organismes et peu de substance organique,
qui brûlerait les racines des plantules des cactus. Pour une
utilisation générale la composition suivante peut être utile: 80% de loam2
mélangée avec 20% de tourbe de sphaigne avec une éventuelle
adjonction de sable.
LES CONDITIONS DE CULTURE
Dans la
période qui précède la germination, on maintient une atmosphère
confinée avec une humidité proche de 100%3 et une
température autour de 25°C le jour avec 13 heures de lumière forte et
indirecte et 18-20°C la nuit (conformément à ce qui existe dans la
nature). Pour les semis spéciaux, Mesa Garden conseille:
-22° C le jour, avec 13 heures de lumière et 17° C la nuit pour:
Ancistrocactus, Blossfeldia,
Echinofossulocactus, Frailea, Lobivia, Notocactus, Oroya, Pyrrhocactus,
Rebutia.
-38° C le jour et 13 heures de lumière et 17° C la nuit plus la
scarification4 pour:
Opuntia, Tephrocactus, Grusonia, Adansonia, Manihot, Jatropha,
Brachychiton.
-17° C le jour et 11 heures de lumière, 17° C la nuit et semis en
autome-hiver pour: Tylecodon, Sarcocaulon,
Dioscorea. Les graines suivantes apprécient aussi les températures
diurnes de 17-20°C: Crassula, Duddleya, Sedum, Adromiscus, Cotyledon,
Graptopetalum, Kalanchoe, Pachyphytum, Sempervivum, Tacitus,
Anacampseros, Parodia, Echinocereus, Echeveria, Argyroderma,
Cheiridopsis, Conophytum.
Pour une
parfaite réussite, la température nocturne ne doit pas descendre sous
les 16° C, tandis que celle diurne peut atteindre les 30° mais sans
les dépasser beaucoup, pour ne pas risquer de voir bloquer
temporairement la germination. Les plantes dites des pays froids y
font exception, qui demandent des températures plus hautes, sauf
Hawothia, Othonna et Pelargonium qui les préfèrent plus basses comme
indiqué plus bas.
STRATIFICATION,
SCARIFICATION ET ACIDIFICATION
Ces
opérations sont destinées à interrompre la dormance, dans laquelle
tombent certaines graines dans la nature pour protéger leurs facultés
de germination.
Par stratification on entend
l’action de soumettre les graines à un hiver artificiel, en les
laissant pendant deux mois dans un frigo, à une température entre 1 et
4° C, il est préférable de les humidifier d’abord. Les plantes "du
froid" demandent des températures plus basses, par conséquent les
graines sont enfermées dans des sachets de congélation scellés et
conservés dans le freezer durant la nuit et laissés se décongeler
durant toute la journée. Un autre système est celui de semer en
automne, dans de petits pots maintenus au gel hivernal, et en
attendant ensuite la germination printanière.
Avec la scarification, au
contraire, on permet à l’humidité de pénétrer, suivant diverses
méthodes, à l’intérieur de la graine et ainsi provoquer le début de la
germination. Les graines au tégument dur devront être, selon le cas,
ramollies en les tenant pendant deux jours dans de l’eau ou du vinaigre
chaud (vérifier le gonflement) ou bien on les incise avec une aiguille,
une lime, de la toile abrasive etc.… ou encore immergées pour quelques
minutes dans de l’acide sulfurique à 96%5 et lavées
immédiatement avec beaucoup d’eau pour ne pas risquer d’endommager l’embryon.
Pour celles particulièrement dures et grosses, on peut se servir d’une
meule. L’incision devra être faite en un point distant du hile, jusqu’à
découvrir légèrement l’embryon.
Dans certains cas la dormance est
interrompue par la chaleur ou avec des enzymes digestives comme la
pepsine ou la papaïne présents dans l’estomac ou extraites des
végétaux et capables d’accomplir une action protéolytique. Je n’ai
jamais fait cette expérience et je ne puis donc dire quels peuvent en
être les résultats.
Acidification. Le tégument de certaines semences ont
des inhibiteurs chimiques qui peuvent être neutralisés en lavant les
graines dans de l’eau acidifiée par du jus de citron.
LES MODALITES
Mettre dans le fond des petits pots déjà
désinfectés un ou deux centimètres de lave, pumice, pouzzolane ou
perles d’argile expansée. Verser le substrat, il est indispensable qu’il
soit sec, jusqu’à remplir les pots jusqu’à quelques centimètres du
bord, répandre si possible un peu de pouzzolane et donner un petit
coup pour permettre au sol de se tasser. Avant de semer il serait bon
de faire un essai avec un pot sans graines, qui mouillé par le bas
devrait, après quelques minutes, être humidifié aussi en surface sans
que cependant, le substrat ne s’affaisse beaucoup ce qui serait très
dangereux.
Dans le cas de graines très fines, faire
un léger saupoudrage de sable fin, puis semer. Ensuite vaporiser
légèrement de l’eau pour que les graines puissent se positionner
parfaitement entre les grains de sable. Le pouvoir germinatif augmente
si l’on utilise de l’eau déminéralisée. Ces graines ne doivent pas
être recouvertes.
Avec les graines de taille moyenne on
emploie une granulométrie de sable différente, de la même taille que
les graines. On répand d’abord celles-ci uniformément puis on verse le
sable, entre le pouce et l’index, de façon à les recouvrir légèrement.
Utiliser seulement du sable et pas de terreau.
Je conseille d’immerger préventivement
les très grosses graines, sujettes à la moisissure et à la pourriture,
durant 24 heures dans une solution anticryptogamique. Ensuite,
répandre sur le substrat les graines, de forme arrondie, en les
pressant légèrement de manière à former une dépression. Verser ensuite
du sable granuleux sur toute la surface en couvrant les graines d’une
épaisseur égale à leur taille.
Les graines de forme plate et celles en
longueur doivent être
plantée
dans le substrat avec des pincettes, hile vers le bas en ayant soin
que leur partie supérieure effleure la surface du sol. Il faut éviter
de les planter en gardant la partie plate parallèle au terrain, mais
plutôt tournée à 90°. Verser ensuite 3-5 millimètres de sable
granuleux en variant l’épaisseur en fonction de la dimension des
graines.
Un sable grossier ne gêne pas la
germination, comme au contraire, pourrait le faire du sable fin qui a
tendance à emprisonner les graines. Au fur et à mesure que l’on sème
on établit une liste avec le code qui mentionne la place occupée sur
le plateau à l’intérieur du dispositif de culture. Ecrire aussi avec
un stylo feutre le code sur le bord du pot. S’assurer aussi que le
plateau sera bien en position parfaitement horizontale et que les
graines ne se déplacent pas. Si l’enveloppe contient un nombre
important de graines, il serait prudent de n’en semer que la moitié
de manière à ce que, si quelque chose devait ne pas bien se passer, à
cause de maladies cryptogamiques ou d’autres causes, on puisse tenter
un nouveau semis.
Le semis terminé, préparer une solution
tiède d’eau de pluie6 bouillie
préventivement et de Captan® (1gr/litre)
ou bien Oxychlorure (ou sulfate) de cuivre et la verser lentement dans le plateau. Quand les
premiers signes d’humidité commencent à apparaître en surface, enlever
la solution restante éventuellement, en employant une éponge, en
laissant quelques millimètres. Si un pot tarde à s’humidifier et si
après un quart d’heure il a sa surface encore sèche, l’ôter du plateau
et le mettre dans un récipient avec de l’eau plus profonde, jusqu’à ce
que l’humidité apparaisse à la surface. Il faut maintenant s’assurer
que pendant plusieurs mois il reste un voile d’eau en permanence dans
le plateau, en contrôlent souvent en cas de grande chaleur. Il faut
éviter, soit de laisser s’essuyer le substrat, ce qui causerait l’arrêt
définitif du processus de germination, soit de tremper le sol ce qui
provoquerait des pertes par pourriture.
Ne jamais arroser en cette période, les
pots par le haut. Jusqu’à ce que les graines ne s’ouvrent, utiliser
seulement de l’eau claire sans ajout de fertilisants qui pourraient
retarder la germination. Couvrir la
mini-serre avec son
couvercle et régler le thermostat à la température que les espèces
demandent dans la journée, en sachant que de petites variations n’ont
pas d’importance. De nuit, la température externe s’abaissant, celle
de la mini-serre ne pourra se maintenir à la valeur fixée, et ainsi
elle se fixera vers les 17 et 20°, comme on le désire. De jour tout
doit revenir à la normale, le thermostat faisant son travail en
allumant et éteignant périodiquement le système de chauffage (sauf
durant les jours très froids). Pour ceux qui habitent dans des zones
au climat particulièrement froid, il est certain que le thermostat
maintient les résistances continuellement en fonction et ne peut
atteindre la température voulue immédiatement. Il faut dans ce cas
installer une nouvelle résistance, semblable aux autres, en parallèle
ou utiliser un câble chauffant de plus grande puissance.
Par contre, pour ceux qui décident de
semer début avril, ils peuvent régler le thermostat sur le minimum
nocturne (entre 17 et 20° C selon les genres), du moment que dans la
journée on obtient naturellement la chaleur requise. Faire attention à
ne pas atteindre de températures trop élevées et dans ce cas procéder
à une bonne aération.
L’usage d’un thermomètre maxima-minima
mis à l’intérieur est d’une grande utilité. Eviter de mettre des
graines aux conditions culturales différentes dans la même mini-serre.
Les opérations de semis terminées, on peut mettre une feuille de
journal sur le couvercle de la mini-serre afin de l’ombrer, et l’enlever
dès que les premières plantules apparaissent. Eliminer aussi l’éventuelle
condensation qui se formerait sur les vitres.
La germination commence après 2-4 jours
pour certaines espèces (Astrophytum, Stapelia, etc.), après 10-12
jours pour les autres, exception faite des Opuntias Tephrocactus et
les plantes du froid, les Pelargoniums, certaines Mesembryanthemacées
et quelques autres genres qui peuvent germer soit après une semaine,
soit après un an. Les grosses graines au tégument dur, si elles ne
sont pas scarifiées, peuvent prendre beaucoup de temps. Dans tous les
cas, si après un mois il n’y a pas de germination, faire essuyer le
substrat durant une semaine, stratifier et recommencer le cycle, même
plusieurs fois. Les graines d’une même espèce peuvent naître espacées
dans le temps, en fonction de leur propre puissance germinative et de
leurs caractéristiques intrinsèques.

LA METHODE DU SACHET ET SES
VARIANTES
Beaucoup de collectionneurs emploient,
spécialement en cas de germination difficile ou lente, un système particulier
de semis qui consiste à loger les pots, déjà semés et arrosés, à l’intérieur
de sachets de congélateurs avec une fermeture hermétique. L’humidité
se maintient ainsi de manière permanente et élevée. Tant que le sachet
demeure fermé, il n’y a pas besoin d’arroser. Lorsque la germination
s’est produite, on ouvre graduellement le sachet ou bien on y fait des
coupures latérales pour faire entrer de l’air neuf, en faisant
attention que le sol ne se sèche pas. Les semis peuvent rester dans
les sachets pour un an ou deux et en cas de croissance
particulièrement lente, même trois ans. Cette méthode, selon les
personnes qui la pratiquent, à diverses variantes.
-
Le sol: certain utilisent un substrat très souple, léger, non
fertilisé, du type, utilisé pour les plantes d’appartement, d’autres
emploient
une part de tourbe de sphaigne et une part de sable lavé. D’autres
le pasteurisent, d’autres le déconseillent; qui fertilise et qui ne
le fait
pas.
-
Arrosages: certains utilisent de l’eau déminéralisée, d’autres
de l’eau de pluie bouillie.
-
Lumière: certains utilisent la lumière naturelle, d’autres
celle des tubes fluorescents.
Une méthode voisine consiste à utiliser, à la place du sachet,
une pellicule transparente avec laquelle on enveloppe le pot, fond
compris.
TRAITEMENTS SPECIAUX ET PARTICULARITES
Cactacées
Ariocarpus. Semis
facile, ne pas transplanter avant trois ans et durant le repos
végétatif. Il apprécie une température nocturne en dessous de 18° C.
On peut utiliser la lumière artificielle avec des périodes de 12
heures. Croissance lente, on peut greffer sur Echinopsis. La
méthode
du sachet est préférable.
Aztekium,Geohitonia. Ce sont des genres difficiles (spécialement le
premier), l’obstacle ne réside pas dans la germination mais dans la
croissance extrêmement lente, qui amène presque inévitablement la
plante à la pourriture. On peut essayer un substrat de granulés de quartz
et la méthode du sachet, (ou la couverture du pot avec une pellicule
transparente scellée à ne pas enlever pour au moins un an, avec
arrosages et fertilisations par le bas), lumière artificielle durant
24 heures par jour, ne pas faire la transplantation avant un an ou
deux sur plâtre, avec adjonction de sable quartzeux et une pincée d’argile
pour fournir aux plantes les sels minéraux nécessaires. On peut aussi
réaliser un mois après la germination la greffe sur Pereskiopsis
velutina, et un regreffage à une année de distance sur un sujet adapté
(Myrtillocactus geometrizans, Trichocereus spachianus, pachanoi ou
bridgesii, Cereus jamacaru, peruvianus etc.).
Blossfeldia. Germination très lente et difficile, mais si on utilise
des graines très fraîches, un sol minéral7 stérilisé et la méthode du
sachet, on constatera des résultats appréciables. Garder ces
conditions pendant au moins 3-4 ans jusqu’à ce que le semis ait
atteint les 4-5 mm de diamètre. Garder le pot à l’abri du soleil
durant la germination.
Cactus épiphytes et rampants: (Epiphyllum, Schlumbergera, Rhipsalis,
Selenicereus, Aporocactus, Aporophyllum, Heliocereus, Epicactus,
Hylocereus, Nopalxochia). Leurs graines sont sujettes à des attaques
de champignons et doivent être lavées et désinfectées préalablement.
Elles demandent des températures entre 22 et 28° C.
Echinocactus horizontalonius. La
scarification dans l’acide sulfurique
est nécessaire durant 5 minutes, et en cas de croissance arrêtée, la
greffe. Le sol ne doit pas contenir de substance organique.
Epithelanta. Il vaut mieux utiliser la méthode du sachet. Eviter le
rempotage la première année.
Eriosyce. Parfois il peut être difficile de rompre sa dormance, pour
cela on conseille la scarification. Les vaporisations sont utiles et
la greffe juvénile est indispensable.
Frailea. Il est indispensable que la graine ait été recueillie depuis
peu de temps, un mois au maximum.
Parodia. Le sol est composé de 50% de tourbe et de sable ou de perlite
pour le reste. Parfois les graines peuvent mettre jusqu’à un an pour
germer. La méthode du sachet est préférable.
Pelecyphora (Encéphalocarpus). Les graines germent sans grande
difficulté, mais les semis tardent à grandir et donc la greffe est
conseillée.
Plantes "du froid". Pour les graines de Sclerocactus, Pediocactus,
Toumeya, Uthaia, Escobaria, Austrocactus, Neowerdermannia ainsi que
Opuntia, Tephrocactus, Mahuenia, Sophora, à mon avis, le mieux est de
les scarifier en les immergeant pendant 8-10 minutes dans l’acide
sulfurique à 96%, et faire ensuite immédiatement un lavage soigneux.
Certains spécialistes conseillent une autre méthode: laver les
graines dans de l’eau et du citron avant le semis, les scarifier8
et
les stratifier en les mettant durant deux semaines dans le freezer
pendant la nuit et les enlevant le jour, puis mis à germer dans un
substrat 9
approprié à environ 30-40° C le jour, avec 16 heures de
lumière et 10-15° C la nuit. On peut citer trois différentes
techniques de germination:
a -
semer dans de
petits pots stériles couverts par une pellicule transparente; si après 2-3 semaines la germination n’a pas eu lieu les graines seront
retirées, stratifiées et semées à nouveau;
b -
semer dans du
coton ou du papier absorbant humide, dans un lieu avec gel nocturne
(environ –5°C), et dégels diurnes (5-10°C), durant deux ou trois
mois; en mars les pots seront mis dans une mini-serre et maintenus
aux températures mentionnées plus haut;
c -
semer en janvier,
mettre les pots au soleil à l’air libre, dans un endroit avec des
gelées nocturnes (environ –5°C), et dégels diurnes (5-10°C) durant
deux ou trois mois; en mars les pots seront mis dans une mini-serre
et maintenus aux températures mentionnées plus haut.
Les
plantules de Sclerocactus, Pediocactus, Toumeya, Uthaia, Escobaria,
Austrocactus, Neowerdermannia ainsi que Opuntia, Tephrocactus,
Mahuenia, Sophora, trouvent leurs principales difficultés durant leur
période de croissance, pour cela dans ces cas il est conseillé de les
greffer sur Opuntia, Echinopsis, Echinocereus ou d’autres plantes
résistantes aux basses températures 10.
Les
graines des espèces de l’Amérique centrale comme Mélocactus,
Sclerocactus, Pediocactus, Toumeya, Uthaia, Escobaria, Austrocactus,
Neowerdermannia ainsi que Opuntia, Tephrocactus, Mahuenia, Sophora
demandent un température de semis entre 25 et 30°C, et un minimum de
25° C l’hiver.
Strombocactus. Sol composé de tourbe pour 50% et perlite pour le
reste. Croissance lente. La
méthode du sachet est préférable et le
rempotage après 3 ans.
Sulcorebutia. Utiliser toujours des graines fraîches et des
températures de 20° nocturnes et 25° diurnes. Aérer tout de suite
après la germination11.
Turbinicarpus. Préférer la méthode du sachet.

Non cactacées
Adansonia.
Utiliser la
méthode du
sachet avec semis en juin à une température supérieure à 30°
C. Utiliser des graines vieilles d’un an.
Aloe. Les graines devront être fraîches, les meilleures
températures de germination sont de 20-22°C de nuit et environ 30° C
le jour. Rempoter au bout d’un an dans des pots bien drainés et
remplis de compost constitué de perlite ou de sable pour 50%, tourbe
pour 40%, terreau de feuilles pour 10%. Garder les plantules à au
moins 12° C durant le premier hiver.
Adenium. Garder les semis en végétation pour la première année
entière.
Anacampseros. Compost normal pour cactus avec un ajout de sable
de quartz. Ils germent bien à environ 16° C mais ils croissent
lentement. Les graines ne conservent pas longtemps leurs facultés
germinatives.
Asclepiadacées. Elles demandent 26-28°C ; enlever le parachute
avant le semis. Utiliser des graines très fraîches.
Astrolaba. Elles demandent des graines fraîches.
Broméliacées. Dychia, Hectia, Paicarnea, Puya: pour germer,
elles demandent un emplacement à l’ombre et un compost tourbeux.
Beaucarnea, Dasylirion, Nolina. Elles possèdent des gousses qui
doivent être ôtées avant le semis.
Bursera, Fouquiera. Croissent lentement.
Calibanus. Ne présente pas, normalement, de grandes difficultés,
il est cependant préférable de conserver les graines dans un freezer
durant 15 jours et puis scarifier. Tenir les semis en croissance
pendant toute la première année.
Cissus, Chorisia, Cussonia, Cyphostema, Jatropha. Ces graines
doivent être bien lavées et tenues dans l’eau durant 48 heures,
scarifiées et maintenues à une humidité bien contrôlée car elles
on tendance à moisir. Utiliser des graines fraîches et un substrat
léger à base de tourbe. Elles demandent des températures de 25-27° C.
Les graines de Cyphostema doivent être privées de la pulpe éventuelle;
pour germer elles peuvent prendre parfois plusieurs mois.
Crassulacées. Températures fraîches (17°C la nuit et 20°C le
jour), sol composé de 50% de tourbe et de 50% de sable. Souvent les
graines sont comme de la poudre. Cotyledon et Tylecodon sont
des plantes de jours courts il vaut donc mieux les semer en automne.
La méthode du sachet est préférable.
Dasylirion. Utiliser un sol sableux et une température de 18°C.
Dioscorea (Testudinaria). Facile mais ils est important de ne
jamais laisser sécher le sol, au moins pour la première année.
Euphorbia. Germination capricieuse avec des pertes. Semer à
environ 25/28°C en donnant un air sec et beaucoup de lumière après l’éclosion,
ensuite réduire la température à 20°C.
Gesneriaceae. (Rechsteineria, Sinninigia, Streptocactus).
Germination assez facile, il est utile de répandre sur le terrain de
semis une couche et tourbe tamisée.
Grosses graines de succulentes africaines. Ôter les ailettes à
celles qui en ont, celles avec tégument dur doivent être scarifiées,
stérilisées et lavées soigneusement. Elles peuvent pourrir par trop d’humidité
et par attaque de, champignons. Pour cela elles doivent être
inspectées chaque jour, nettoyées en cas d’infection et semées à
nouveau.
Haworthia. Semer en maintenant une température comprise entre
8°C la nuit et 16°C le jour. Sol: 50% de sable ou perlite, 40% de
tourbe, 10% de terreau de feuilles.
Marah. Ces caudiciformes mettent un an à germer.
Mesembryanthemacées. Sol: 50% de terre de jardin,
50% de sable ou bien 2 parts de terreau de
hêtre, 2 de jard et 1 de sable.
Vaporiser un anticryptogamique dès qu’à eu lieu la germination, qui en
général est rapide à 18-20° qui parfois peut demander beaucoup de
temps. Eviter les fortes variations de température et de luminosité.
La fertilisation n’est pas strictement nécessaire. Il est très
important de donner de l’air frais, beaucoup de lumière et de réduire
l’humidité dès que les graines se sont ouvertes. Celles-ci conservent
pour au moins cinq ans leurs capacités germinatives et ne doivent pas
être employées trop fraîches. Durant le premier hiver, tenir les
plantules à environ 8°C environ, en leur fournissant une bonne
quantité de lumière et en ayant soin de ne pas faire sécher le terrain.
Les, spécialistes, sèment en automne (octobre novembre) les espèces à
jours courts tels: Argyroderma (quartzophyle),
Frithia, Dactylopsis, en
maintenant une température d’environ 20°C pour
la croissance. Pour ce dernier genre, il est préférable d’utiliser un
substrat constitué de brique pilée (ou pouzzolane) et lave, sans rien
d’autre. Il vaut mieux semer les Lithops dans des pots profonds d’au
moins 10 cm. Il est préférable de semer les Conophytums au début de l’automne,
en offrant ensuite aux semis une chaleur adéquate et une illumination
pour tout l’hiver, on peut à la rigueur faire le semis à la fin de l’hiver.
Les plantules seront vaporisées tous les jours et fertilisées chaque
semaine avec une solution assez diluée et jusqu’à tout le mois de juin;
ensuite elles seront mises à l’ombre et vaporisées légèrement toutes
les deux semaines jusqu’à tout septembre et ensuite traitées comme des
plantes adultes; elles ne doivent pas être rempotées, car elles
peuvent rester dans le même pot, bas et large, durant plusieurs années.
Rhinephyllum: semer sur le sable. Dintheranthus:
germination lente et assez difficile, pousse sur le quartz. Certains
reproducteurs conseillent de couvrir les pots avec une pellicule
transparente et de les exposer au soleil durant 100 heures, de manière
à atteindre les 65°C de température nécessaire, selon cette théorie, à
l’ouverture des graines. Ensuite procéder normalement jusqu’à la
germination qui devrait arriver après 2-3 semaines sans ôter la
pellicule adhésive.
Othonna. Plantes difficiles de jours courts. Semer en automne
ou au printemps avec une température entre 5 et 10°C et 11 heures de
lumière. Il est important d’ôter le parachute, de semer en plaçant la
graine en position verticale et inclinée, en plein soleil.
Transplanter dès que possible.
Palma, Cycas. Ils germent mieux avec une température d’environ
28°C.
Pelargoniums succulents. En général, ne présentent pas de
grandes difficultés, les graines s’ouvrent tard dans l’été avec
environ 6-12°C. Oter le parachute et mettre les plantules à l’air tout
de suite après la germination. Il est utile de mouiller les graines
durant une nuit et les soumettre à la stratification, étant des
espèces dormantes, elles peuvent dans ce cas germer même après un an.
Les graines seront plantées dans le substrat, en laissant dépasser la
queue.
Plumeria. Oter l’aile, craignent le froid et l’humidité
hivernale.
Pseudolithos. Sol: 2 parts de terre franche, 1 part de terreau
de feuilles, 3 parts de sable de lave. Ne pas laisser le sol se sécher
durant les premiers 18 mois.
Rechsteinera. Les jeunes plantules seront tenues humides pour
8-16 mois.
Sarcocaulon. Croissance hivernale, semer tard en automne.
Stapelia. Les graines germent facilement, mais perdent
rapidement leurs facultés germinatives.
Welwitschia. On peut allonger leur vitalité en les conservant
dans le freezer. On ôtera aux graines les ailes et l’involucre externe.
Comme elles contiennent un produit inhibiteur (de couleur jaune), il
est opportun de les laver et de les laisser se ramollir avec un
fongicide pour toute une nuit avant de les semer. On peut les faire
germer sur du papier absorbant humide et ensuite les planter ou bien
utiliser un substrat stérilisé constitué de 2 parts de sable, 2 parts
de perlite, 1 part de tourbe et une part de terre sablonneuse.
Utiliser un pot de terre cuite de 10 cm., (un pot pour chaque graine),
utile pour les 5 premières années de croissance. La faculté
germinative dépend de la provenance et de l’âge des graines. Semer en
juin avec une température de 28-30°C (dans une mini-serre avec
chaleur de fond) en ayant soin d’enlever les pots dès que les
cotylédons sont émis. Couvrir avec du gravillon de quartz. Pour les
premiers deux ans les semis sont assez sensibles aux champignons et à
la sécheresse.
Les
genres suivants, soit à cause de l’environnement spécial dans lequel
ils vivent, soit par les conditions particulières de facultés
germinatives que la nature leur a réservées, soit par une certaine
difficulté de croissance, auront un avantage à subir la stratification
et quant cela est possible, la scarification: Ariocarpus, Coloradoa,
Calibanus, Discocactus, Encephalocarpus, Epithelantha, Neogomesia,
Obregonia, Pelecyphora, Sclerocactus, Solisia, Uebelmannia,
Echinomastus, Mammillaria wilcoxii, Mammillaria wrightii, Mammillaria
solisioides, Mammillaria tetrancistra. On peut remédier à la
croissance difficile par la greffe. Les cactus suivants sont de bons
porte-greffe:
Pereskiopsis velutina (greffe facile), Trichocereus
bridgesii (croissance rapide depuis le semis), Eriocereus jusbertii.
Certaines Asclepiadacee tropicales comme Caralluma, Trichocaulon,
Tavaresia, surtout jeunes sont d’une culture hivernale difficile, pour
cela on conseille la greffe sur tubercules de Ceropegia woodi.
Pour
les graines minuscules et toutes celles ayant des difficultés de
germination et/ou de croissance, il y a avantage à utiliser l’eau
déminéralisée, d’une mini-serre avec éclairage artificiel comme décrit
à la page "la mini-serre", à désinfecter le substrat, à
couvrir le pot avec une pellicule plastique transparente ou à recourir
à la
méthode du sachet.
Les
graines de Conophytum, Kleinia, Massonia, Mitrophyllum, Monilaria,
Othonna, Tylecodon (Cotyledon), et certains Pelargoniums à croissance
hivernale, peuvent être semées au printemps ou en automne, beaucoup
cependant germeront selon leur bon plaisir et même avec beaucoup de
retard, il ne faut donc pas les jeter.

APRES
LA GERMINATION
Les
plantules, tout de suite après la germination traversent leur période
critique, durant laquelle elles ont besoin de beaucoup d’air (pas de
courants d’air), de lumière et…de l’œil amoureux du semeur. Prévoir
cependant de limiter l’humidité atmosphérique et à aérer
progressivement pour éviter aussi qu’elles ne soient rôties pas la
chaleur excessive qui peut se former à l’intérieur de la mini-serre (bien
au-delà de 50°C). Au cours de cette première phase, les plantules
seront gardées à une température inférieure de 3-5°C par rapport à
celle qu’elles ont connu lors de la germination. Par la suite, elles
peuvent subir aussi des pointes à 30-38° au maximum, en présence d’une
bonne aération.
Enlever le couvercle de la mini-serre et lui substituer un cadre de
bois sur lequel on a étendu un fin filet de plastique ou de métal12,
qui aura la triple fonction d’ombrer les jeunes plantules des rayons
maintenant brûlants du soleil, de laisser passer l’air indispensable à
la croissance et d’éviter le développement des moisissures et des
champignons.
Une
observation attentive indiquera si l’éclairage est bien conforme. Un
excès de lumière fera rosir ou rougir les plantules, tandis que dans
la situation opposée, elles apparaîtront étiolées, retardées, maigres,
de coloration jaunâtre, donc elles vont fondre. Les téguments des
grosses graines germées peuvent être source de maladies et il est donc
préférable de les ôter avec des pincettes ou de les souffler.
Les
genres suivants demandent une aération et la réduction de l’humidité
tout de suite après la germination sous peine de voir s’installer la
pourriture : Aloe, Agave, Adenium, Anacampseros, Ariocarpus,
Astrophytum, Caralluma, Coryphantha, Discocatus, Echinocereus,
Echinomastus, Epithelantha, Escobaria, Euphorbia, Ferocactus, Frailea,
Gymnocactus, Melocactus, Pachypodium, Plumeria, Pyrrhocactus, Stapelia,
Thelocactus, Turbinicarpus, Hoodia, Trichocaulon.
Les
graines à peine germées sont très délicates, elles présentent une
racine parfois plus fine qu’un cheveu, pour cela elles ne doivent pas
être dérangées et même pas vaporisées, mais arrosées par le bas avec
un mince voile d’eau (jamais du robinet) sur le fond du plateau, comme
au cours de la germination.
Si
une plantule née d’une grosse graine de succulente ne veut pas croître
ni développer ses cotylédons, c’est que la chaleur est probablement
insuffisante, il faut donc renfermer le pot dans un sachet de
plastique transparent de façon à augmenter la température à l’intérieur.
Après un mois il est utile de faire un léger poudrage d’anticryptogamique
si l’on aperçoit des moisissures, laisser sécher les semis durant 3-4
jours avant d’arroser à nouveau puis verser délicatement entre le
pouce et l’index un peu de sable fin en surface.
On
peut aussi commencer à nébuliser avec un vaporisateur, une solution
d’un pour cent de superphosphate minéral ou bien un stimulant hormonal
de croissance une fois par semaine durant quatre semaines. Si une
racine demeurait découverte il faut avoir soin de l’enterrer en s’aidant
de la pointe d’un crayon. On continue à arroser par le bas. Après
trois mois les plantules montrent soit des épines, soit des feuilles
et s’emploient à développer un appareil racinaire adapté. L’ombrage
peut être ôté durant quelques heures tôt le matin, quand le soleil
n’est pas encore cuisant. Comme toutes les espèces ne croissent pas à
la même vitesse, il sera utile de séparer celles à croissance rapide
des autres, permettant ainsi aux premières de recevoir une plus
grande quantité d’eau et profiter d’une croissance plus rapide.
Cinq ou six mois après la germination on réduit l’humidité et on fait
des arrosages périodiques même par le haut en laissant le sol s’essuyer
quelques jours, en le remuant de temps en temps en surface afin de
permettre une meilleure aération. Durant toute la première année les
semis devront croître dans un sol humide, mais jamais détrempé ce que
devra permettre la composition du substrat. On maintient encore un
léger ombrage, en contrôlant toujours la couleur que prennent les
plantules. En faisant ainsi on renforce l’appareil racinaire, on
habitue les jeunes plantes aux conditions qu’elles auront à l’âge
adulte et on limite les pertes dues à la pourriture.
A ce moment, il est utile d’administrer
par le bas un fongicide au 3 pour mille, du genre utilisé pour la
cloque du pêcher (oxychlorure de cuivre) ou bien une solution au 1
pour mille de Propamocarbe ou Benlate,
fongicide systémique, actif contre les pourritures du collet, plus 1
gr/litre de Captan (ou Aliette, Fongiclor, Rovral).
Plus tard on peut faire des
arrosage au 1 pour mille d’Iprodione
utile contre la pourriture grise (Botrytis). Les jeunes plantules
doivent être protégées contre les attaques de parasites, qu’elles
soient dans le terrain (larves d’aleurodes ou autres) ou dans la
partie aérienne. Un bon insecticide systémique à basse concentration
sera très utile, par exemple à base d’Imidaclopride (Confidor), Malathion ou bien Diazinon.
Un bon
fertilisant liquide pour cactus, N1, P2, K2 avec adjonction d’oligoéléments13 à administrer
tous les mois14 assurera un
développement équilibré, après que les réserves présentes dans la
graine seront épuisées. Prêter une grande attention à la dilution, car
un excès de fertilisation, ne pouvant être entièrement réélaboré par
les racines, finit par acidifier le terrain et conduire à la
pourriture des collets des jeunes plantes. Une transplantation précoce
est déconseillée, car elle peut mener à la rupture du système
capillaire des racines et représenter une des principales causes de
perte. On y a recours exceptionnellement, seulement par suite d’un
développement anarchique et ultra-rapide, typique de certaines espèces,
pour autant non préjudiciable aux cactacées.
Ceux qui ont une serre bien aérée,
avec des températures n’excédant pas les 35°C, peuvent continuer à
garder la mini-serre à l’intérieur, sans le couvercle et légèrement
ombragée. Autrement, il faut sortir la mini-serre à l’extérieur, dans
un endroit lumineux, mais protégé des rayons cuisants du soleil, avec
le même écran muni d’un écran de plastique ou métallique, qui
interdira aux limaces avides de chaleur d’y pénétrer et d’y faire des
dégâts. Il faut aussi prêter attention aux dangers atmosphériques
comme la pluie battante, la grêle, le vent violent qui pourraient
rapidement rendre vain le travail de plusieurs mois.
La formation d’une croûte
superficielle, avec tendance à se détacher, peut être dangereuse pour
la vie des semis, spécialement durant la première phase de croissance.
Si les racines dépassent la croûte, on peut tenter d’enlever cette
dernière en la brisant avec délicatesse en s’aidant de la pointe d’un
crayon et sans occasionner de dégâts; tandis que si les capillaires ne
sont pas encore ancrés dans le substrat, il est alors préférable de
transplanter. Certains semeurs combattent la croûte avec une solution
de cinq gouttes d’acide nitrique(ou sulfurique) par litre d’eau, avec
laquelle ils mouillent la terre, puis arrosent et lavent les plantules.
La croûte ne devrait pas se former si on ne permet pas au substrat de
sécher e, surtout, si la partie pulvérulente du compost de semis à été
éliminée. Dans le cas où l’on noterait la présence d’algues vertes ou
brunes, on peut vaporiser une solution de sulfate de cuivre (1 gr/l).
En automne, si on n’opte pas pour
la croissance hivernale, il faut réduire graduellement les arrosages
jusqu’à les cesser vers novembre15. Si l’on note
un flétrissement du tissu des plantules on arrosera un peu. Les genres
délicats: Melocactus, Discocactus, Alluaudia, Disocactus, Adenium,
Jatropha, Euphorbia, Pachypodium, Plumeria,
Asclepiadacee tropicales, Bromeliacees, et caudiciformes en général
doivent être tenues en végétation tout l’hiver à une température d’environ
20°C avec des arrosages légers et bien espacés, même si la cause
vraiment létale est la présence d’un humidité élevée de l’air.
Naturellement il est nécessaire de fournir un éclairage supplémentaire
pour environ 16 heures par jour au moyen de quelques tubes
fluorescents placés à une vingtaine de centimètres des plantes, de
façon à simuler un été prolongé. Le premier hiver est aussi le plus
critique et il faut donc garder les genres les plus délicats à une
température de 15°C. Cela est possible en utilisant la mini-serre ou
bien en construisant un abri avec des lattes de bois et du voile
plastique maintenu à un centimètre, à l’intérieur de la serre. Sur le
fond on répand du sable dans lequel on noie un câble chauffant de
50-100 W. commandé par un thermostat réglé à la température voulue, et
on pose le tout dans l’emplacement le plus éclairé possible. De cette
manière les plantules croîtront et se renforceront aussi durant la
mauvaise saison. Si quelque plante devait pourrir, probablement à
cause d’une humidité excessive, chose qui ne devrait par arriver, elle
doit être immédiatement détruite afin d’éviter de possibles
complications.
Au printemps on peut exécuter la
première transplantation dans un pot de 5-7 cm, en utilisant le
substrat suivant: 1/3 de terreau de feuilles;
1/3 de terre franche ou de lapilli (3-4 mm); 1/3 de sable non calcaire
(grain de riz). Pour les Mesembryanthemiums et les Asclépiadacées,
porter à ½ le pourcentage de sable et à ¼ chacun des
autres deux composants. Je conseille de ne pas rempoter la
première année les genres à croissance lente comme Blossfeldia,
Strombocatus, Aztekium, Geohintonia, Parodia. Pour faciliter la
transplantation, il est préférable d’arroser les pots la veille. Faire
avec un crayon un trou dans le sol du nouveau pot, y poser
délicaztement la jeune plante, faire adhérer le substrat et faire une
légère vaporisation. Après deux semaines on peut administrer un
phytostimulant16 afin de
favoriser une reprise17 rapide.

LA GREFFE DES SEMIS
Les
genres à croissance lente et difficile18, quelques
mois après la germination (quand ils ont rejoint un diamètre d’environ
3 mm), dans la période de mars à août, peuvent être greffés avec
profit sur Pereskiopsis velutina, spathulata ou porteri dont le
diamètre, à quelques centimètres de l’apex soit de 4-6 mm.
On utilise une lame de rasoir
neuve, stérilisée à l’alcool, avec laquelle on sectionne le sommet du
porte-greffe et immédiatement on coupe à moitié le semis en plaçant la
partie supérieure sur le support, en cherchant de faire assembler ou
mieux, de faire coïncider le minuscule faisceau vasculaire de la jeune
plantule avec celui du Pereskiopsis en décentrant légèrement le
greffon. L’opération n’est pas facile à réussir, mais après quelques
essais, le succès devrait être assuré. Dans le but de maintenir l’indispensable
contact entre le greffon et le porte-greffe on peut utiliser des
pincettes de 6 mm2 utilisées pour connecter les fils
électriques, que l’on ôte après un ou deux jours. La greffe sera
placée dans un lieu avec lumière indirecte et température de 25° C.
Une variante consiste à utiliser
comme porte-greffe des plantules ayant seulement quelques mois de plus
de vie que le greffon et en faisant la coupe de manière à interchanger
les racines. Après un jour la greffe est réalisée. Adapté pour les
plantes à racine pivotante.
CONSEIL FINAL
Commander les graines chez une
société à la réputation et à l’expérience éprouvées, semer en ne se
laissant pas décourager par quelques tentatives ratées, mais en tenant
compte des erreurs pour ainsi éviter leur répétition. Pour avoir du
succès, il faut quelques connaissances, expérience, patience,
enthousiasme, dévouement, aptitudes. En échange on obtient beaucoup de
satisfaction, on se procure des plantes difficiles à trouver sur le
marché, on n’appauvrit pas la nature et on réalise d’appréciables
économies.
Je désire, pour finir, citer une
phrase apparue sur un article de Steven Brack: "une
fleur de cactus est toujours belle, mais une fleur de cactus que vous
avez fait pousser depuis la graine est un petit miracle", et n’oubliez pas que: "ut sementem feceris,
ita metes"19
-------------------notes---------------------
1 - Un bon sable
devrait contenir des particules de diverses dimensions et quelques
petites pierres.
2 - Les Anglo-saxons entendent, par loam, un sol
très répandu dans la nature, que l’on trouve un peu partout et qui a
pour caractéristiques de laisser l’eau s’écouler facilement, de ne
pas durcir en séchant et de ne pas être plastique comme l’argile
quand il est mouillé. Pour d’autres c’est la tourbe de pré
décomposée après compostage en les parties herbacées en contact
l’une avec l’autre.
3 - Une humidité constante et élevée favorise la
germination mais aussi le développement de maladies cryptogamiques.
4 -
Voyez le prochain
paragraphe.
5 - Cela demande des essais, car selon la dureté du
tégument, cela peut demander des durées différentes.
6
- L’eau de pluie
peut être recueillie facilement à l’aide du tuyau de descente et
conservée au noir complet pour éviter la croissance des algues, il
faut être cependant certain qu’elle ne contient pas de substances
nocives, autrement on utilise soit de l’eau déminéralisée, soit de
l’eau du robinet bouillie.
7 - Certains semeurs
conseillent 50% de sable de quartz fin et 50% de tourbe non fibreuse
tamisée; d’autres préfèrent 8 parts de sable non calcaire et une
part de terreau de feuilles décomposé.
8 - On conseille la
scarification avec l’acide sulfurique à 95%. Pour le Sclerocactus
les temps d’immersion sont d’environ 10-12 minutes et de 3-4 minutes
pour Pediocactus. Exécuter ensuite un lavage immédiat dans beaucoup
d’eau. On peut scarifier aussi moyennant une incision.
9 - Composition:
terre de jardin 25%, sable 50%, pumice 25%, granulométrie 1-3 mm.
10 - On conseille la
lecture de l’article de A. Benzoni "una collezione sotto zero"
(Cactus & Co. # 2/97).
11 - Lire l’article de
P. Bello (Cactus & Co # 2/97).
12 - Je trouve utile
d’employer à la place du filet, le tissu dit "non tissé" qui procure aussi un microclimat.
13 - Par exemple
Oligomix (Cifo).
14 - Dans le cas où au substrat de semis, on aurait ajouté
de la farine d’os, la fertilisation ne commence qu’après six mois.
Comme il est difficile de trouver un engrais au taux aussi bas, on
peut l’obtenir facilement par une dilution.
15 - Cette durée peut varier selon la latitude. En général
il est bon de cesser les arrosages quand la température nocturne se
stabilise vers 8-10°C.
16 - Par exemple Sinergon 2000 (Cifo) à base d’aminoacides, vitamines
du groupe B, auxine etc. à la dilution d’un pour mille.
17 - Certains semeurs conseillent de rempoter les
plantules en juin et de maintenir le sol constamment humide jusqu’en
octobre de l’année suivant celle du semis.
18 - Ariocarpus, Aztekium, Blossfeldia, Bartschella,
Coloradoa, Discocactus, Epithelantha, Escobaria, Geohintonia,
Echinocactus polycephalus, xeranthemoides, horizonthalonius,
Echinomastus, Lophophora, Mammillaria herrerae, egregia, humboldtii, solisioides, saboae, haudiana, Navajoa,
Obregonia, Pediocactus, Pelecyphora, Porfiria, Rebutia heliosa,
narvacensis, Sclerocactus, Solisia, Sulcorebutia, Toumeya,
Turbinicarpus, Uthaia, Uebelmannia.
19
-"comme on sème,
on récolte" (Cicéron).
N.B. Toutes les marques citées appartiennent à leur propriétaire
respectif.
Biblographie
- Auteurs variés - Cacti and succulents from seeds - Amateurs’ digest
ed.
- Cammarata G. - Fitormoni e fitoregolatori - Ed. Agricole
- Gardiner J. - Propagation from seed – The Royal Horticultural Society
- Ginns R. - Piante grasse – Ed. Agricole
- Innes C. - Le succulente – Ed. Ulisse
- Lamb E. & B. - Pocket Encyclopaedia of Cacti in colour - Blandford
Press
- Lodi, G. - Le mie piante grasse – Ed. Agricole
- Mesa Garden - Guide to germination tips
- Pizzetti M. - Piante grasse. Le cactacee - Ed. Mondadori
- Rayzer G. – Cactus in fiore - Ed Priuli & Verlucca
- Rowland D. & V. - Successful seed raising
- Rowley G. – Piante grasse - Ed. Zanichelli
- Sleiter G. - Piante grasse – Reda
- Welham Marina – Questions and answers for beginners and casual
collectors–Amateurs’ digest ed.
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